Sans histoire, pas d’émotions

Après mon retour en France, je suis enfin allée voir les expositions de Gustave Klimt, d’Hundertwaser et de Poetic_Ai à l’Atelier des Lumières, Paris 11ème.
J’avais surtout hâte de voir les œuvres du peintre autrichien !
En effet, j’étais curieuse de voir comme le baiser allait prendre vie ou encore comment le public serait plongé dans les tableaux de l’une des figures majeures du mouvement de l’Art Nouveau au tout début du 20ème siècle.
J’en avais entendu que du bien et même encore aujourd’hui. De plus, je me suis dit  » Super, un nouvel espace Parisien pour exposer et vivre des expériences artistiques inédites !
En effet, cette ancienne fonderie offre une grande superficie qui laisse la place aux créations diverses et variées de s’y épanouir à leurs aises.
De plus, j’ai toujours été fascinée par les bâtiments qui ont une histoire riche de plusieurs vies. Cela remplit les lieux d’une présence et d’une personnalité unique.

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Ancienne Fonderie

Malgré tout cela, l’expérience que j’ai vécue pour la réouverture de ce lieu a été toute différente.
Quand je suis rentrée dans le hall du bâtiment, j’ai eu la sensation de rentrer dans une usine.
Comme si j’étais à l’intérieur d’une machine qui, sans interruption, avale les visiteurs toujours plus nombreux.
Après avoir attendu un certain temps, j’ai suivi la foule qui se dirigeait vers de grandes portes qui donnent accès aux expositions.
Une fois passé un sas qui fait la transition entre le hall d’entrée de l’ancienne fonderie et la salle où se trouve les œuvres, je me retrouve perdue et désorienté.
Le changement sans cesse de lumières et de musique ainsi que le bruit des gens qui s’agitent dans cet immense endroit, donnent le tournis !
Un temps d’adaptation et de repérage est alors nécessaire :
 » Où suis-je ? Que se passe t- il ? Où vais-je ?  »
Il faut préciser que beaucoup de choses se passent en même temps : les murs et le sol sont sans arrêt inondés d’images qui passent en boucle ; les gens s’en vont, arrivent, s’installent, changent de place tels des ombres bruyantes et omniprésentes qui vaguent à leurs occupations sans se préoccuper des unes des autres.
Bon, maintenant je parts à l’aventurer dans cet espace pour y chercher des indications, un point de départ … Je comprends que les trois expositions se succèdent inlassablement au travers de vidéos. Alors j’attends le début d’un nouveau cycle vidéo et je trouve un endroit où profiter de l’exposition.
J’étais contente d’être ici ! Mes premières impressions étaient plutôt positives ; j’avais un espace immense à explorer, j’étais dans un univers nouveau et particulier et je n’attendais qu’une chose, me laisser surprendre par les émotions que me feraient vivre cette scénographie autour des œuvres de Klimt.
C’est très beau d’accord, ça vous en met plein les yeux et les oreilles oui !Mais tout ce travail technique et le soin esthétique apporté sont morts et vides de sens. Les nombreux visiteurs me semblaient errer sans but dans l’immensité du lieu. Dans cette scénographie, je ne trouve aucune invitation au partage.
Aucune émotion ne me vient, pas d’histoire, mais une grosse frustration de ne même pas pouvoir admirer tranquillement les œuvres que j’étais venue voir.
Je vous invite tout de même à y aller pour y vivre votre propre expérience qui sera, quoiqu’il arrive, différente de la mienne.

Je suis Mélina Gabler et je sais où je vais. Et vous ?


English version

Without story, no emotions

After I came back to France, I finally went to see the exhibitions of Gustave Klimt, Hundertwaser and Poetic_Ai at the Atelier des Lumières, Paris 11th.
I was especially eager to see the works of the Austrian painter!
Indeed, I was curious to see how le baiser would come to life or how the public would be immersed in the paintings of one of the major figures of the Art Nouveau movement at the beginning of the 20th century. I have heard  good things about it and I still do.
Moreover, I said to myself « Great, a new Parisian place to exhibit and live new artistic experiences! » Indeed, this old workshop offers a large area that leaves room for diverse and diverse creations to flourish at their ease. In addition, I have always been fascinated by buildings with a rich history of several lives. This fills the place with a presence and a unique personality.

Despite all this, my the experience of the  reopening of this place was quite different.
When I entered the building’s hall, I had the feeling of entering a factory.
As if I was inside a machine that, without interruption, swallows visitors ever more numerous.
After waiting for a while, I followed the crowd that was heading for large doors that give access to the exhibits.
Once past an airlock that makes the transition between the entrance hall of the old foundry and the room where the works are, I found myself lost and disoriented. The constant change of lights and music as well as the noise of the people who are agitated in this immense place, make your head spin !
A time of adaptation and identification is then necessary: « Where am I, what is going on, where am I going? » It must be said that many things happen at the same time: the walls and the floor are constantly flooded with images that loop; people leave, arrive, settle down, change places like noisy and omnipresent shadows that wander about their business without worrying about each other. Well, now I go to venture into this space to look for directions, a starting point … I understand that the three exhibitions follow one another tirelessly through videos. So I’m waiting for the beginning of a new video cycle and I find a place to enjoy the exhibition.

I was happy to be here! My first impressions were rather positive; I had a huge space to explore, I was in a new and particular universe and I was waiting for one thing, to be surprised by the emotions that this scenography around Klimt’s works would make me experience. It’s very beautiful, it makes you feel good ! but all this technical work and the aesthetic care provided are dead and meaningless. The many visitors seemed to wander aimlessly in the immensity of the place. In this scenography, I found no invitation to share.
No emotion comes to me, no history, but a big frustration of not being able to admire quietly the works that I had come to see.

I still invite you all the same, to go there to live your own experience that will, whatever happens, be different from mine.

I am Melina Gabler and I know where I am going. What about you?

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